Mercredi 8 octobre : soirée « Parole de photographes » Flore Leboulanger, Tiphaine Ferrand

Parole de photographes

Flore Leboulanger, Tiphaine Ferrand

Atelier JDA | 9.10.2014 à 15h00• Mis à jour le 26.10.2014 |Par Rédactions

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La soirée "parole de photographes" s'est déroulée à la Halle aux Grains. Edouard Elias, Capucine Granier Deferre et Pierre Terdjman étaient présents.

La soirée a débuté sur une présentation des photos de Pierre Terdjman en Centrafrique. Pierre Terdjman montre la complexité de ce conflit, les violences entre les ex-Séléka et anti-Balaka. Son propos n'est pas seulement de montrer les combats, mais surtout le quotidien des réfugiés, l'organisation de la vie dans les camps. Ce qui est particulièrement poignant, c'est de lire la peur dans le regard des gens, c'est de voir le dénuement dans lequel se trouvent les populations. Des photos terribles et magnifiques à la fois.


Ensuite, la parole a été donnée à Edouard Elias et son reportage photo sur la Syrie. Les photos présentées ont été prises en 2012 lors de son premier voyage en Syrie. Après un second voyage en Syrie, il est allé en Centrafrique avec la Légion étrangère de l'armée française, puis au Liban et en Jordanie pour travailler sur la crise syrienne mais cette fois du côté des réfugiés. Son objetif est de montrer le quotidien des populations face à une situation de souffrance. Il s'agit de faire un travail sur les hommes, et pas seulement sur les combats.


Capucine Granier De Ferre a exposé son reportage photo sur l'Ukraine, plus précisément sur la région du Donbass, à l'est du pays Le choix de cette région s'est fait parce qu'elle voulait comprendre les positions des deux camps, les pro-russes et les pro-ukrainiens. Elle ressent le besoin de retourner en Ukraine, pour continuer à comprendre et à partager ce conflit. Et elle veut voir le dénouement de ce conflit. Même si "l'intérêt médiatique est un peu cyclique", qu'il est retombé pour ce qui concerne l'Ukraine, le sien reste encore très vif. Elle a réussi durant ses deux premiers voyages à publier de nombreuses photos dans de grands magazines.


Dans une deuxième partie de soirée, la parole a été donnée au public afin que les reporters puissent s'exprimer sur leur métier.


Que ressentent les personnes en pleine souffrance lorsque vous les prenez en photo?


Edouard Elias répond qu'il se met à la place des personnes qu'il prend en photo : "C'est toute la difficulté du travail, on essaye de rapporter des images de situations de détresse. C'est beaucoup plus respectueux d'être aux côtés des gens qu'on photographie, de le réaliser quand on est accepté par ces personnes. Alors qu'au départ on ne pourrait pas faire ces photos." Toutes ces images ont été possibles car chacun des trois reporters a pris le temps de se faire accepter par les personnes qu'ils photographient. Cela permet de faire passer une émotion qu'une image volée ne pourrait pas rendre. Cette proximité leur permet de mettre en image un instant unique et c'est aussi une façon de se battre contre les injustices.


Comment gérez-vous la transition entre les terribles souffrances que vous côtoyez lors de vos reportages et votre retour en France ?


Pierre Terdjman: "C'est très personnel, je ne suis pas dans la dramatisation du métier. Si on vit mal le retour chez soit il faut donc changer de métier." Il faut réussir à faire la part des choses entre sa vie de famille quotidienne et le métier de photoreporter..

Capucine dit être une personne très empathique. "Je suis susceptible de m'attacher à des gens mais je suis journaliste et je sais que je dois garder mes distances." Mais elle affirme qu'il est tout de même difficile de ne pas s'attacher à ses personnes qui souffrent.


Un homme qui est venu lui aussi écouter ces Paroles de photographes nous a donné son avis à l'issue de cette rencontre:

"J'ai eu la chance une année de rencontrer des femmes reporters et qui nous ont raconté leur façon de travailler qui était tout à fait différente de celle des hommes. Elles disaient qu'il était plus facile pour les populations de se confier à des femmes car elles étaient une figure douce et maternelle dans ces conflits". Cette soirée nous permet de découvrir le métier mal connu de reporter.


+loin


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