Cinéma

Avis de la classe labellisée sur le film Timbuktu

Mercredi 8 Octobre 2014

Inès Rodriguez, Valentine Lévy

Nous avons trouvé ce film terriblement beau. Ce visionnage fut éprouvant mais intéressant, en effet d’un point de vue historique et documentaire, l’œuvre est très riche.Le rythme est lent, une certaine langueur qui ne dessert pas le film se met en place, les détails en sont d’autant plus appréciés. Certains moments semblent suspendus, comme arrêtés dans le temps. La partie de football mais aussi la danse de l’homme devant la sorcière colorée symbolisent ironiquement les souvenirs d’une vie heureuse.



Le rythme est lent, une certaine langueur qui ne dessert pas le film se met en place, les détails en sont d’autant plus appréciés. Certains moments semblent suspendus, comme arrêtés dans le temps. La partie de football mais aussi la danse de l’homme devant la sorcière colorée symbolisent ironiquement les souvenirs d’une vie heureuse. L’histoire narrée de cette famille touareg dans un conflit qui la dépasse est en revanche minimale et simple, bien qu’elle soit percutante. L’auteur arrive sans mal à nous atteindre, il fait appel à nos sentiments et à notre humanité. Le film est révoltant, la déshumanisation et le ridicule se côtoient. « Un film passionné » (Peter Bradshaw). La presse occidentale loue le film.


Timbuktu Official Trailer 1 (2014) - Abel Jafri Drama HD


La scène de lapidation d’un jeune couple enterré jusqu’au cou nous a particulièrement choquées, bien qu’elle fasse l’objet d’une ellipse, le réme en image les premiers et derniers instants de ce moment de violence inouïe. Cela nous a bouleversées, Sissako nous met devant une réalité difficile à accepter.

Au contraire, une habitante de Tombouctou au Mali, Fatouma HARBER, met en lumière des incohérences, des approximations, les faits seraient dénaturés au profit d’un effet dramatique. Certains djihadistes sont mis en avant grâce à une prétendue compassion, une certaine humanité. L’un deux accepte, par exemple, d’appeler la femme de Kidane pour l’informer de la détention de son mari puis de sa condamnation à mort. Le cadre de Tombouctou sert le cinéma africain de Sissako. La grandeur des paysages, des costumes, des prises de vue (la gazelle, le désert, la tente, la lumière, les visages, l’homme qui danse…) est de qualité, c’est une œuvre visuellement colorée, esthétique. La bande originale, les chants sont également touchants, beaux, ils reflètent l’endroit et l’ambiance. Ils représentent l’espoir et la vie dans un monde devenu infernal entre les mains des Djihadistes.



On a donc un contraste poignant entre la beauté de la forme et l’horreur du contenu, les violences, les lapidations. Ce film rappelle la fragilité des droits de l’Homme, des libertés… Quelques personnages atypiques et originaux, notamment des portraits de femmes, évoluant un peu « en marge » du film, (la sorcière colorée et sa poule…) donnent du relief et de la profondeur.

L’engagement du réalisateur passe en partie par la place des femmes dans le film, la vendeuse de poissons qui se révolte, la sorcière qui semble savoir ce qui va se passer, la jeune fille qui téléphone à son frère, la chanteuse fouettée... Elles sont très présentes, observées par la caméra comme des objets de curiosité parfois (gros plans sur le visage de Satima durant plusieurs secondes). Les lois de la charia sont ici mises à mal par les attitudes féminines. C’est donc un film fort qui propose une réflexion tant par la fiction que par l’aspect documentaire. Malgré quelques approximations possibles sur la ville et le contexte, l’œuvre reste percutante et remarquable. Elle s’inscrit dans la semaine des reporters de guerre, par son engagement vis-à-vis des droits de l’Homme et par sa dénonciation de l’absurdité du terrorisme.



Timbuktu : Contexte Historique Mercredi 8 Octobre 2014 Clémence Mouville, Louise Mazelin, Chloé Folliot Le film Timbuktu se situe dans un contexte historique particulier. Il met en avant la soumission de la population Malienne par le régime djihadiste qui sème la terreur. Les différents acteurs : Les salafistes appartiennent à un mouvement qui revendique un retour à l’islam des origines fondé sur le Coran et la Sunna. Dans le film, ils correspondent aux personnes qui interdisent la musique, le foot, le chant… Ils obligent les femmes à porter le voile intégral et des gants noirs. Les djihadistes luttent pour la « guerre sainte », ils veulent accroître le territoire des musulmans. Leur but ultime est de convertir toute la population à l’islam radical . Les personnes qui ne sont pas en accord avec eux sont considérées comme étant leurs ennemis. Certains Touaregs, des habitants nomades du Sahara, se sont rebellés. Ils refusaient les règles qui leur ont été imposées Les Touaregs sont environ 1.5 million. Chronologie : Depuis 2012, le nord du Mali connait une période de troubles et d’instabilité. Le premier Avril, les Djihadistes du mouvement s’emparent de la ville de Tombouctou. Ils vont y faire régner brutalement la loi Islamique. Le film Timbuktu relate une partie de cette période.

Plus loin

Fatoumata Diawara - Bissa (OFFICIAL VIDEO) cliquer sur la pochette

Télérama

SYNOPSIS

Des djihadistes ont investi un village non loin de Tombouctou. Face à eux, les habitants tentent de se rebeller comme ce modeste éleveur de vaches, son épouse, brillante et sage, et leur belle petite fille. Un sage tente de faire entendre la voie de la raison et du Coran. Mais les extrémistes refusent de l'entendre : ils organisent des mariages forcés, prétendent faire porter des gants aux femmes qui travaillent, traquent ceux qui se réunissent, la nuit, dans une chambre, pour y faire de la musique et interdisent le foot...

La suite sur le site de Télérama LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 10/12/2014

Recommanded Reading
  • Facebook Basic Black
  • Twitter Basic Black
  • Google+ Basic Black
  • Grosny:Nine Cities