Fiche 5

Réformes religieuses

Pourquoi et comment le christianisme se divise-t-il au XVIe Siècle ?..

 

I.Le contexte de la Réforme protestante

  1. Les nouvelles attentes des fidèles

  2. Le clergé critiqué

  3. Le rapport à la mort des croyants au XVe siècle / Ils sont hantés par la peur de l'enfer.

 

Extrait

​​

Mourir au XVIIe siècle : attitudes des habitants de Châtelleraudais

Manon Schmitt

"Si aujourd’hui la mort est perçue comme le point final de la vie, au XVIIe siècle, elle est un moment de passage : les hommes de l’Ancien Régime considéraient que la mort ouvrait à la vie éternelle .

Le christianisme est en effet une religion de salut : il enseigne que l’homme est composé d’un corps périssable et d’une âme immortelle destinée, soit au bonheur qui est d’être avec Dieu au paradis, soit au malheur qui est la damnation en enfer avec Lucifer. C’est Dieu, qui, au moment du jugement particulier, après la mort, décidera de placer l’âme du défunt au paradis ou en enfer. Comme sous l’Ancien Régime la très grande majorité des Français, et aussi des Châtelleraudais, sont catholiques pratiquants, ils vivent dans une peur panique du jugement de Dieu à l’heure de leur mort, et dans la menace de l’enfer...

Comment assurer son salut ?

  • Par des actes et des prières

  • Le culte à la Vierge et des saints prennent de l’ampleur.

  • L’on multiplie les œuvres, les pénitences et les pèlerinages.

      Dans ce contexte, la papauté en profite pour vendre  des « indulgences ».

Le commerce des indulgences vient de la possibilité dans l'Église catholique romaine d'acheter des indulgences (du latin indulgere, « accorder »), c'est-à-dire la rémission totale ou partielle devant Dieu de la peine temporelle parfois nommée pénitence […] Cette pratique qui remonte au IIIe siècle au cours du temps s'est transformée en un commerce lucratif.

 

Que reproche-t-on au  clergé catholique.

  • d'être ignorant et mal formé

  • avide de richesses

  • de mener une vie dissolue

  • d'être peu sensible aux angoisses des fidèles.

II.Les facteurs du changement

Une réaction :

certains chrétiens aspirent à une religion plus simple.

  • Une religion épurée :

  1. de ses innombrables cérémonies

  2. de ses rites compliqués

  3. de ses intermédiaires entre Dieu et les hommes.

 

Les humanistes :

Ils cherchent à rétablir le texte de la Bible dans sa forme originelle en gommant les déformations subies au cours des siècles (déjà vu) / leurs travaux sur les textes anciens.

 

Les éléments sont favorables à une nouvelle pratique plus individuelle,  par la prière et la lecture des textes religieux

..

III.Les réformes de Luther et de Calvin

Le rôle de Martin Luther

En 1517, Martin Luther  jette les bases de la Réforme en publiant ses 95 thèses.

                                                                                                                                                                                        www.le livrescolaire.fr

  • Il y  dénonce la vente des indulgences et les abus de l'Église.

  • Il affirme que les chrétiens ne peuvent être sauvés que par leur foi et non par leurs  œuvres.. Tout est clairement expliqué dans la vidéo (essentiel)

Une autre vidéo/ La bande annonce du film Luther avec Joseph Fiennes

Excommunié  par le pape en 1521, Luther rompt avec le catholicisme.

 

Il propose un nouveau culte, plus simple, en langue locale, reposant sur le texte du nouveau Testament qu'il traduit en allemand en 1522 afin que chacun puisse le lire. Il ne garde que  deux sacrements, le baptême et la communion. Il n'y a plus de culte de la Vierge et des saints, ni de hiérarchie religieuse.

Jean Calvin

D’autres réformateurs vont plus loin. Ainsi, le Français Jean Calvin, converti au luthéranisme vers 1534, affirme la thèse de la prédestination. Selon lui, Dieu choisit ceux qu'il prédestine au salut et eux-mêmes n'y peuvent rien changer, mais doivent mener une vie digne de la prédestination éventuelle. Il propose de bannir des églises toutes les images religieuses.

Il fuit la  France et se rend en Suisse. Il organise à Genève une Église très disciplinée et d'une grande rigueur morale.

 

 

Petit rappel en images (https://www.museeprotestant.org)

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III.La fracture religieuse de l'Europe

Protestant

En 1529, l'empereur Charles Quint, qui avait tout d'abord montré une certaine tolérance envers les princes allemands convertis à la Réforme luthérienne, les oblige à revenir dans l'Église catholique. Mais les princes refusent et « protestent devant Dieu [...] ainsi que devant tous les hommes », d'où leur nom protestants.

La Réforme luthérienne se répand dans le nord de l'Allemagne, au Danemark, en Norvège et en Suède.

 

En Allemagne, les princes luthériens réclament la liberté de  religion. Elle leur est accordée en 1555 par l'empereur Charles Quint.

Angleterre, le roi Henri VIII, hostile au pape, fonde l'Église anglicane :il adopte la foi  luthérienne, tout en maintenant les pratiques du culte catholique.

En France, aux Pays-Bas, en Écosse, les réformés adoptent la doctrine de Calvin.

IV.La réaction

La Contre-Réforme

Pour lutter  contre la diffusion de la Réforme, l'Église et les princes catholiques organisent la répression en recourant aux tribunaux de l'Inquisition, particulièrement  en Espagne et en Italie.

En France, protestants et catholiques s'affrontent entre 1562 et 1598 dans des guerres de Religion sanglantes ( chapitre 5).

France, 1563.

Protestants et catholiques se livrent une lutte sans merci pour la terre et le pouvoir. Henri IV a pris la tête des protestants et marche sur Paris, prêt à en découdre avec les catholiques et notamment avec la rivale de sa mère : la puissante Catherine de Médicis. La réconciliation entre les deux clans semble à portée de main, lorsque la Reine offre sa fille Margot en mariage. Les noces tournent au bain de sang... Henri ne survit au massacre de la Saint-Barthélémy que pour être fait prisonnier. Incarcéré au Louvre, il y passe 4 ans avant de pouvoir s'échapper. Il passera le reste de sa vie à s'opposer par tous les moyens dont il dispose à ceux qui n'ont ni sens moral ni humanisme. Pour y parvenir, il n'hésitera pas à changer de religion. Les épreuves qui jalonnent son accession au trône façonneront le monarque qu'il devint : le premier vrai humaniste.

​​L’Église catholiques  se réforme

Le pape s'appuie sur la Compagnie de Jésus, un ordre religieux dont les membres   (les jésuites), bien formés, mènent des missions de reconquête des esprits et fondent de nombreux collèges à proximité des contrées protestantes.

L’Église catholique reconnaît aussi ses insuffisances.

Afin de lutter contre les abus et d'entamer une œuvre de rénovation, un concile est réuni entre 1545 et 1563 à Trente en Italie.

Ses conclusions réaffirment:

  • les dogmes du  catholicisme comme l'importance des œuvres pour le salut

  • la reconnaissance de sept sacrements

  • le culte de la Vierge et des saints.

  • Il est aussi décidé de rétablir la discipline dans le clergé et d'améliorer la formation des prêtres.

​​+ Loin / La guerre de Trente ans.