Le déclin de l'Europe au lendemain de la Grande Guerre

 

 

 

 

Consigne

Après avoir présenté le document, vous montrerez comment il témoigne de l'émergence d'une nouvelle hiérarchie des puissances au lendemain de la Première Guerre mondiale.

 

 

« Jusqu'ici c'était un fait élémentaire de géographie économique que l'Europe dominait un monde de toute la supériorité de sa haute et antique civilisation. Son influence et son prestige rayonnaient depuis des siècles jusqu'aux extrémités de la terre. Elle dénombrait avec fierté les pays qu'elle avait nourris de sa substance et façonnés à son image, les sociétés qu'elle avait contraintes à l'imiter et la servir.

Quand on songe aux conséquences de la grande guerre, qui vient de se terminer, sur cette prodigieuse fortune, on peut se demander si l'étoile de l'Europe ne pâlit pas et si le conflit dont elle a tant souffert n'a pas commencé pour elle une crise vitale qui présage la décadence. En décimant ses multitudes d'hommes, vastes réservoirs de la vie où puisait le monde entier ; en gaspillant ses richesses matérielles, précieux patrimoine gagné par le travail des générations ; en détournant pendant plusieurs années les esprits et les bras du labeur productif vers la destruction barbare ; en éveillant par cet abandon les initiatives latentes ou endormies de ses rivaux, la guerre n'aura-t-elle pas porté un coup fatal à l'hégémonie de l'Europe sur le monde ?

Depuis l'époque des grandes découvertes, l'Europe avait imposé à l'univers sa direction économique ; elle transportait sur ses navires les produits des pays lointains ; elle attirait dans ses ports le marché des denrées exotiques ; elle accumulait dans ses banques Ses profits du commerce pour les appliquer ensuite à l'exploitation des régions vierges ; elle produisait dans ses usines les articles manufacturés qu'elle vendait partout aux peuples mal outillés ; elle fournissait aux territoires vides les colons nécessaires à leur peuplement ; en un mot, elle dispensait au monde entier les trésors de son argent, de sa force et de sa vie. Par un de ces déplacements de fortune qui font surgir à la pleine lumière certains peuples à la place de certains autres, notre vieux pays est-il en danger de descendre, éclipsé par les jeunes nations qui montent ? Déjà la fin du XIXe siècle nous avait révélé la vitalité et la puissance de certaines nations extra-européennes, les unes comme les États-Unis nourries du sang même de l'Europe, les autres, comme le Japon, formées par ses modèles et ses conseils. En précipitant l'essor de ces nouveaux venus, en provoquant l'appauvrissement des vertus productrices de l'Europe, en créant ainsi un profond déséquilibre entre eux et nous, la guerre n'a-t-elle pas ouvert pour notre vieux continent une crise d'hégémonie et d'expansion ? »

 

Albert Demangeon, Le Déclin de l'Europe, Payot, 1921

 

Albert Demangeon, l'auteur, est un géographe français. Son essai, paru en 1921, soit trois ans après la fin de la Première Guerre mondiale, connaît un grand retentissement, il y analyse les conséquences du conflit sur les économies et les sociétés européennes.

 

 

Conseil

Pour répondre à la consigne, il faut commencer par lire attentivement le texte et en dégager les idées principales :

-  Soulignez les termes et idées essentiels (surlignés ici en couleur) ;

-  Résumez en une phrase l'argumentation développée dans chaque paragraphe.

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Avant

 

l'Europe dominait un monde de toute la supériorité.

Son influence et son prestige rayonnaient jusqu'aux extrémités de la terre.

Elle dénombrait avec fierté les pays qu'elle avait nourris de sa substance et façonnés à son image, les sociétés qu'elle avait contraintes à l'imiter et la servir.

« prodigieuse fortune »

 

  • l'Europe avait imposé à l'univers sa direction économique

  • elle transportait sur ses navires les produits des pays lointains

  • elle attirait dans ses ports le marché des denrées exotiques

  • elle accumulait dans ses banques ses profits du commerce pour les appliquer ensuite à l'exploitation des régions vierges

  • elle produisait dans ses usines les articles manufacturés qu'elle vendait partout aux peuples mal outillés

  • elle fournissait aux territoires vides les colons nécessaires à leur peuplement

 

Elle fournit donc des outils (facteurs) de développement à d’autres territoires

Quand on songe aux conséquences de la grande guerre, qui vient de se terminer

 

L’auteur s’interroge

On peut se demander

 

si le conflit dont elle a tant souffert n'a pas engagé l'Europe  dans une crise vitale

 

  • en décimant ses multitudes d'hommes

  • en gaspillant ses richesses matérielles

  • en détournant pendant plusieurs années les esprits et les bras du labeur productif vers la destruction barbare

 

 

En éveillant par cet abandon les initiatives latentes ou endormies de ses rivaux  la guerre n'aura-t-elle pas porté un coup fatal à l'hégémonie de l'Europe sur le monde ?

 

  • en précipitant l'essor de ces nouveaux venus

  • en provoquant l'appauvrissement des vertus productrices de l'Europe

  • en créant ainsi un profond déséquilibre entre eux et nous

La guerre n'a-t-elle pas ouvert pour notre vieux continent une crise d'hégémonie et d'expansion ? »

 

Des causes en amont

 

  • Déjà la fin du XIXe siècle nous avait révélé la vitalité et la puissance de certaines nations extra-européennes, les unes comme les USA, nourries du sang même de l'Europe

  • les autres, comme le Japon, formées par ses modèles et ses conseils.

 

(Car) vastes réservoirs de la vie où puisait le monde entier, (l’Europe)  fournissait aux territoires vides les colons nécessaires à leur peuplement.

Elle dispensait au monde entier les trésors de son argent de sa force et de sa vie.

 

 

Par un de ces déplacements de fortune qui font surgir à la pleine lumière certains peuples à la place de certains autres, notre vieux pays est-il en danger de descendre, éclipsé par les jeunes nations qui montent ?

 

La guerre : un accélérateur

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