I.Exploration

II.La conquête  

III.Le premier génocide du XXème siècle.

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Le contexte

Au début des années 1880, la France cherche à coloniser de nouveaux territoires.

[...] Le  28 juillet 1885 à l'assemblée nationale, Jules Ferry prononce un discours espérant obtenir  les crédits nécessaire à une expédition à Madagascar où la France tente d’imposer son protectorat (domination)

 

La colonisation, en premier lieu, est nécessaire à la France pour une raison économique, celle des débouchés :

« Les colonies, lance le ministre aux députés, sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux. [...] La fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché. »

 

  • Pour le ministre, la France, comme l’Europe, depuis 1873, traverse une crise économique dont elle peine à sortir. La colonisation pourrait donc y contribuer.

La colonisation, en second lieu, est impérative pour une raison humanitaire, celle de la civilisation :

"Les races supérieures", affirme Jules Ferry, [...] ont le devoir de civiliser les races inférieures. »

Coloniser, dans cette perspective, n’est pas un droit, mais un devoir : celui d’apporter le progrès à des contrées arriérées qui en sont privées.  (commentaire)

C’est ce que Rudyard Kipling, auteur du Livre de la Jungle, appellera en 1899 le « fardeau de l’homme blanc » : coloniser, non pour dominer, mais pour libérer.

La colonisation, en troisième lieu, est indispensable pour une raison militaire, celle de la défense du rang de la France dans le Monde :

"Une marine comme la nôtre, souligne le ministre, ne peut se passer, sur la surface des mers, d’abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement".

Dans l’hypothèse, en effet, où la France renoncerait à « toute expansion vers l’Afrique ou vers l’Orient », non seulement une autre nation européenne en profiterait pour accroître sa puissance, mais, en outre, la France, en refusant la colonisation, perdrait son rang de grande puissance. Vivre dans ce refus, conclut Jules Ferry, « c’est abdiquer ».

La réaction

Dans l’hémicycle du palais Bourbon, cependant, tous les députés ne partagent pas cette opinion. Georges Clemenceau, républicain d’extrême gauche, apporte la contradiction à Jules Ferry, républicain de centre gauche.

En effet, les députés républicains du XIXe siècle sont loin d’être unanimes concernant l’entreprise coloniale. Pourtant un grand nombre accepte d’étendre l’empire colonial, constitué par le Second Empire. Jules Ferry et Léon Gambetta, deux leaders des républicains modérés, sont parmi les plus fervents défenseurs de l’expansion coloniale.

Elle s’inscrit dans un contexte de course aux colonies entre les puissances européennes, accéléré par la conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885). retronews

III.Le premier génocide du XXème siècle.

Conquêtes et sociétés coloniales

Comment les Européens exercent-ils leur dominations?

I.Exploration

1.Au 19° siècle , des missionnaires et des explorateurs parcourent l'Afrique et l'Asie. Ils forment  l'avant garde de la conquête coloniale.

De l'Atlantique au Niger par le Foutah-Djallon : routes relevées par Aimé Olivier, le Kandia, Timbo, Dinguiray et le Bouré, 1879-1880 / dressé par J. Hansen ; gravé et imprimé par Erhard

 

2.Les gouvernements européens s'intéressent à ces vastes territoires d'autant que la révolution industrielle leur fournit à la fois les outils et la justification de leurs futures conquêtes.

 

Quelles motivations poussent les Européens à se les accaparer ?

Aimé Olivier de Sanderval laisse femme et enfants pour monter une expédition de plusieurs dizaines d'hommes et partir à la découverte du pays des Peuls. Il fut l'un des premiers Européens à se rendre à la cour de l'Almamy du royaume [...]peul du Fouta-Djalon (centre de la Guinée actuelle).

Entre 1880 et 1919, il effectuera cinq séjours au Fouta-Djalon, décrivant dans ses carnets de voyages la splendeur de la civilisation Peul [...]

Avec sa devise « les connaître plutôt que les combattre »Il est  à l'opposé de la colonisation qui suivra[...], Olivier de Sanderval ouvrira un dialogue d'égal à égal avec l'élite Peul[...] .

 

Doc 1

Le discours de Jules Ferry

La conférence de Berlin / ou le dépeçage de l'Afrique

 

Au XIXe siècle, les Européens s’implantent en Afrique et s’engagent dans une véritable « course aux colonies ». La Conférence de Berlin de 1885 réunit les représentants de 14 pays : 12 pays européens, l’Empire ottoman et les États-Unis.

Il s’agit [...] de fixer les « règles » de la colonisation du continent.

La conférence ne débouche pas sur le partage de l’Afrique mais en devient le symbole. Dans les années qui suivent, la colonisation s’accélère et les Européens retracent les frontières du continent.

 

La colonisation

  • l'exploitation de matières premières et main-d'œuvres,

  • le contrôle d'un position stratégique,d'un "espace vital"...

  • d'un territoire au profit de sa métropole...

Petit cours rapide sur les causes et conséquences de la colonisation au 19e siècle-Jean-francois Boyer

Capsule réalisée avec

Tuto /https://youtu.be/_euEfyBcjWc

 

II1.La conquête de l'Afrique Noire

Doc 3

[…] même pour Brazza l’humaniste, l’exploration allait de pair avec la domination.

Pour s’assurer la mainmise de la France sur les terres et les populations, la méthode principale fut d’abord celle du traité : lorsqu’un chef était identifié sur une région, on signait avec lui un texte par lequel il se plaçait sous la protection et l’autorité de la France. «La France conclut 344 traités de souveraineté ou de protectorat avec des chefs noirs» entre 1819 et 1890

 

Le plus célèbre est celui signé, en 1882, entre Brazza et le chef du peuple Makoko, par lequel la France s’assura la mainmise sur la rive droite du Bas-Congo.

 

Cette voie «diplomatique» prévoyait des contreparties , avait l’avantage d’être pacifique... mais était évidemment fort déséquilibrée, à l’avantage des colonisateurs.

[…] Souvent aussi les agents des compagnies, les explorateurs ou les aventuriers rédigeaient des accords pour les besoins de leur cause et trompaient volontairement les Noirs.»

 

[…] En cas de résistance, les colonisateurs passaient aux armes. […]  «Il y avait plusieurs degrés d’opposition […] . L’opposition se limitait à l’échelle de villages. Mais on pouvait aussi se heurter à des royaumes ou des empires organisés et dotés d’un système de défense. Alors, la conquête se faisait dans l’affrontement. » Ce fut le cas pour les Français, face à l’empire Wassoulou de Samory Touré dans le Haut-Niger, à l’empire toucouleur d’Ahmadou Tall dans l’actuel Mali, ou dans les années 1890, au roi de Dahomey Behanzin […] .Lles Français étaient, sur le plan militaire, largement supérieurs mais ne mobilisaient  […]  que des troupes coloniales constituées principalement... de soldats noirs (pour beaucoup, des esclaves rachetés à leurs maîtres africains), encadrés par des officiers blancs.

 

 

 

Voir la fiche sur le "Rapport Brazza".

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Histoire à la carte

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Doc 4

espace-mondial-atlas.sciencespo.fr

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Doc 5

Livre page 102

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Synthèse

Spluratori

Capsule vidéo pour le cours : Conquêtes et sociétés coloniales

II2.La conquête de l'Algérie

      Une colonie de peuplement

 

 

Doc 6

mrlaurent leprof

 

Les causes, le déroulement et les conséquences de la conquête de  d'Algérie. 1830-1857. J.Laurent.

 

Attention, la vidéo est longue et  complexe.

 

Doc7

La prise de la smala d’Abd el-Kader (16 mai 1843)

Horace Vernet,   peinture de 1844, 4,89 x 21,39 m (musée national du château de Versailles).

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Le duc d’Aumale (fils du roi de France Louis-Philippe) dirige l’expédition française.

Une smala est une capitale mobile constituée de tentes qui abritent les blessés et les familles

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Doc 8

Pacifier et cultiver l’Algérie

 

Le général Bugeaud, arrivé en Algérie en 1836, en devient le gouverneur général peu après. Il est l’un des acteurs les plus importants de la « pacification » de l’Algérie.

 

" Il faut que les Arabes soient soumis ; que le drapeau de la France soit seul debout sur cette terre d’Afrique. Mais la guerre indispensable aujourd’hui n’est pas le but. La conquête serait stérile sans la colonisation [...].

Colonisation et agriculture sont absolument synonymes ; mais on ne cultive qu’avec la sécurité et la sécurité ne s’obtient que par la paix.

 

 

Doc 9

La violence de la conquête de l’Algérie

Cher frère [...],
Je me suis battu presque tous les jours, de 5 h du matin jusqu’à 7 h du soir ; j’ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ 200, ont été brulés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés [...].

Les Kabyles ( région de Kabylie), au nombre d’environ 2 000, avaient fait la faute de s’entasser sur une longue crête boisée, défendue à gauche par un ravin profond et à droite par une plaine accidentée [...].

J’ai envoyé dans le ravin le bataillon de tirailleurs indigènes [...]. Au signal d’un coup de canon, toutes les troupes se sont élancées au pas de charge. La cavalerie a été couper la retraite aux Kabyles à plus de 2 km, et les a rejetés dans un ravin et sur les baïonnettes des zouaves (unité militaire). Alors ce n’a plus été qu’une déroute et un massacre. 431 Kabyles comptés sont restés sur le terrain.

 

Lettre du général de Saint-Arnaud à M. de Forcade, le 25 mai 1851.

Doc 10

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Doc 11

L extermination des Hereros

L’extermination

Entre 1904 et 1906, les troupes coloniales allemandes présentes dans le Sud-Ouest africain cherchent à éliminer le peuple Herero.

a. « Moi, général des troupes allemandes, adresse cette lettre au peuple herero.

Les Hereros ne sont plus dorénavant des sujets allemands. Celui qui me livrera Samuel Maherero [le chef de la révolte] recevra 5 000 marks. Tous les Hereros doivent quitter le pays. S'ils ne le font pas, je les y forcerai avec mes grands canons. Tout Herero découvert dans les limites du territoire allemand, armé comme désarmé, avec ou sans bétail, sera abattu. Je n'accepte aucune femme ou enfant. Ils doivent partir ou mourir. Telle est ma décision pour le peuple Herero. »

Proclamation du général von Trotha (commandant de l'armée allemande dans le Sud-Ouest africain) au peuple herero, 2 octobre 1904.

b. « Les nouveaux venus (dans la colonie allemande) devront s'habituer à payer eux-mêmes de leur personne car la main-d'œuvre indigène est rare et se dérobe.

On estime que les 4/5e des Hereros ont disparu par la mort ou l'émigration1. »

■ La Quinzaine coloniale, journal français, 25 mars 1908.

1. Au recensement de 1911, il reste 15 000 Hereros survivants sur 80 000 avant 1904.

Doc 12

Caricature parue dans DerWahreJacob [journal socialiste allemand], 1905.       

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